
Chevaliers, Chevalières,
Hautes Fessières, Hauts Fessiers,
Grands Officiers et Grandes Officières,
Sérénissime Grand Maître
Après un fort long voyage, nous voici arrivés à bon port, mais sans la grippe du même nom. Le bon port étant Montcuq. Et Montcuq, méritant un tel périple, ne saurait souffrir d’un tel péril. Venus de tant d‘endroits différents, nous donnons force et vigueur à l’adage fessier : tous les chemins mènent à Montcuq.
L'étymologie
de Montcuq est incertaine et plusieurs origines ont été proposées. Le nom
proviendrait du
latin mons (mont) et de cuc (sommet) en référence à
l'emplacement du village, bâti au sommet d'une colline. Le nom pourrait
également provenir de la racine préceltique cuq signifiant « hauteur »,
« promontoire » ou « lieu élevé », hypothèse qui se vérifie lorsqu'on retrouve
cette même racine dans des formes qui ont survécu régionalement, avec le même
sens ou un sens voisin : dans la région
lyonnaise, le cuchon (avec un suffixe diminutif) désigne un petit
tas. On trouve également kukkuru (pointe, hauteur) en
sarde et cucca, tête en
sicilien, termes insulaires renforçant l'hypothèse d'une origine
préceltique, puisque les
Celtes, même au moment de leur plus grande expansion, n'ont jamais
résidé dans les grandes îles de la
Méditerranée (Corse,
Sardaigne,
Sicile). Cette hypothèse de l'étymologie précéltique est en
particulier défendue par la
linguiste et historienne
Henriette Walter,. On cite également des origines latines, comme
Mont Circus Vallium (Montcuq des Vals) ou bien Mont Cuneus (mont en
forme de cône). D'autres origines plus poétiques, telles que Montis Cuci
(montagne des coucous), ont également été avancées.
Vous voyez bien, Chevaliers
et Chevalières, qu’à Montcuq on n’est jamais loin de la fesse.
Vous
voyez aussi que quand on parle de Montcuq, on prend de la hauteur.
La fondation de Montcuq
remonte à l'époque
gallo-romaine. Au
XIIe siècle,
c’était le chef-lieu d'une
châtellenie à laquelle
Raymond VII, comte de
Toulouse, donna une
charte de coutumes. Montcuq, à forte implantation
cathare et
vaudoise, et qui avait reçu sa charte de
Raymond VI, prit tout naturellement le parti occitan. Le 1er
juin
1212,
Simon de Montfort s'empara de la place forte, désertée par ses
défenseurs et en fit don à Beaudouin, demi-frère du
comte de Toulouse, rallié aux
croisés.
Le 17 février
1214, Beaudouin de Toulouse se rendit au
château de Lolmie (commune de
Saint-Laurent-Lolmie, ruines du
château
XIIIe siècle,
au sud de Montcuq.) Après un bref combat, il fut arrêté par Ratier de Castelnau
(pourtant allié de Montfort), Bertrand de Mondenard et le seigneur de Montpezat.
Conduit à Montcuq et privé de nourriture, il refusa d'ordonner à ses soldats,
enfermés dans le donjon de se rendre. La garnison française se rendit pourtant
moyennant la vie sauve. Le chroniqueur assure qu'elle fut aussitôt massacrée.
Beaudouin, emmené à
Montauban, fut pendu sur ordre de son frère.
Après le traité de
Meaux en
1229, le roi de France fit abattre les murs de la ville et le
château, dont il ne reste que le donjon.
Montcuq fut, au
XIVe siècle,
plusieurs fois reprise par les Anglais et, au
XVIe siècle,
ravagée par les
huguenots. C'est aujourd'hui un bourg actif, ouvert au tourisme, et
riche d'une
coopérative agricole et
fruitière, et du voisinage de la fabrique de
meringues et de
gaufres de Saint-Daunès.
Ajoutons
aussi que Montcuq fut une étape importante sur le chemin des pèlerins en route
pour Saint-Jacques de Compostelle. Montcuq valait bien un détour sur le chemin
du Con, postel ou non. D’ailleurs, toute la région en garde un souvenir diffus.
Christian Eyschen
Grand Inquisiteur de la Confrérie des Chevaliers du taste-Fesses