Serge V.
Juin 2008
LA LEGENDE DE LA FESSE
Chers et Respectables Tasteurs,
Vous allez probablement trouver ma planche mal rabotée
et peu plaisante par rapport à toutes celles qui l’ont précédée. A ces
occasions vous avez du vous enrichir de tous les jeux du vocabulaire et des
calembours utilisables pour parler de cette étonnante partie de notre
anatomie qu’est la fesse.
Alors je me résigne à vous raconter la
légende de la fesse telle qu’elle est transmise par mille échos à travers le
temps de bouche à fesse, de cul à oreille, et de bouche à oreille à tous
ceux qui veulent bien écouter et traduire les murmures des vents.
Dieu l’Architecte s’ennuyait dans ses
nuages, son papa Dieu le Père était parti vers d’autres univers pour voir
s’il y était car l’ubiquité de Dieu nécessite des réglages. Etendu sur un
stratus nimbus Dieu l’Architecte trouvait le temps long, très long. Il avait
déjà créé le jardin d’Eden, c’était beau, monotone, mais très beau, mais
très monotone. Alors il créa un avatar pour animer un peu le paysage de ce
jardin. Celui-ci à peine créé se gavait de tous les fruits du jardin d’Eden.
Doté de deux yeux, d’un nez, d’une grande bouche, de deux bras et de deux
jambes, il parcourait en tous sens l’Eden et se gavait sans cesse, pour le
plus grand plaisir du Dieu qui l’observait avec complaisance.
Mais au bout de quelques jours, l’avatar
explosa. Dieu en refit un autre et le même drame se reproduisit encore et
encore. Au bout de ses déboires Dieu l’Architecte se rappela de l’une des
recommandations de son Père (Dieu le Père) qui lui avait dit :
« Tout ce qui est en haut est comme
ce qui est en bas »
Il prit dans sa main le dernier avatar en
lisse avant qu’il ne soit gavé de fruits . Il réalisa et il comprit
rapidement que s’il y avait une entrée en haut il fallait nécessairement une
sortie en bas et l’issue fut créée et le petit avatar n’explosait plus. CQFD
dit il et revenant sur le sigle il dit : « CQ je te baptise Q. Le Q
était né.
Cependant son petit avatar qui n’était pas
d’essence divine s’usait, vieillissait et mourait et Dieu devait en
fabriquer un autre. Au début c’était amusant, puis monotone, moins amusant
et enfin très monotone. Alors Dieu l’Architecte équipa son avatar de tout ce
qu’il fallait pour qu’il s’autoproduise. Doté d’une zigounette et d’un
zigouigoui, l’avatar, bien qu’informé soigneusement des fonctions de ces
deux dotations ne faisait aucun effort pour se reproduire. Sermoné par Dieu
l’Architecte il lui déclara courageusement :
« Je dois tout faire tout seul, ça m’ennuie
et je n’en éprouve pas le besoin »
Et Dieu l’Architecte qui était raisonnable
à cette époque se rappela que lui aussi s’était ennuyé avant de créer
l’avatar. Alors il en créa un deuxième. Le premier gardait la zigounette et
le deuxième portait le zigouigoui. Ces deux appareils furent alors fignolés
afin d’être parfaitement adaptables l’un à l’autre, avec toute la vigueur
utile et nécessaire mais non permanente. Satisfait de son ingéniosité, Dieu
l’Architecte reprit son observation mais rien ne se passait. Très déçu, il
attrapa ses deux créatures qu’il coinça entre deux cumulus et les sermona.
Très courageusement encore ceux-ci lui
répondirent :
« On n’a pas besoin de se reproduire
puisqu’on est déjà deux. »
Mais Dieu leur dit à son tour :
« Mais vous allez disparaître et je vais
être encore obligé d’en créer d’autres et c’est monotone. Tout ce qui
devient habituel est monotone, très monotone »
Alors les deux créatures dirent à Dieu :
«Bon voilà, nous on est là dans l’Eden,
mais on n’a jamais demandé à y venir. On veut bien essayer pour te faire
plaisir, mais un plaisir en vaut un autre. Alors arrange toi pour que ça
nous fasse aussi plaisir, que ce ne soit plus un besoin pour t’éviter un
travail monotone, mais au contraire que ce soit une envie impétueuse de l’un
pour l’autre. Mais tu nous vois , on est copie conforme, uniforme, anonyme,
franchement tu aurais pu faire preuve d’un peu plus d’imagination pour nous
différencier. »
Et Dieu, conciliant, renoua attache avec
eux et leur demanda :
« Qu’est ce qui vous plait et
qu’aimez vous ? »
Le premier aimait les pommes, les poires,
les pêches et les coquillages et se passionnait de la vision de la Lune lors de son premier
quartier.
Le deuxième aimait les bananes, les
abricots et aussi les pommes, mais se passionnait de la vision de la Lune lors de son dernier quartier.
Et Dieu l’Architecte qui avait l’esprit de
synthèse et qui avait toujours su interpréter les symboles réalisa ce grand
et premier moment de démocratie participative et décida illico !
1°) La zigounette pourrait à certains
moments relativement courts sinon fugaces, faire symboliquement référence à
la banane, ses vertus procréatrices seraitn stockées dans des boursottes qui
avec les yeux de l’amour pourraient ressembler à des abricots.
2°) Que le zigouigoui qui, extérieurement
pourrait paraître sous équipé, aurait à ces occasions l’apparence d’un
coquillage appétissant, vu avec les yeux de l’amour bien sur. Et pour ne
plus qu’il se sente trop seul ,
il serait placé près de son copain le Q. En prime les tétons pourraient
avoir la forme d’une poire.
3°) Ces problèmes structurels étant réglés, Il décida
que l’envie serait déclenchée par l’attrait que chacun des avatars avait
pour les phases lunaires.
Ainsi chacun des avatars fut équipé sur la
face avant des moyens complémentaires et techniques de reproduction et sur
l’arrière de deux dômes en demi lune complémentaires qui exceptionnellement
réunis dans un même espace, seraient éternellement source de ravissement, de
fantasme, et de fascination pour chacun des avatars présents et à venir et
pourraient être caressés, palpés, convoités dans les siècles et les siècles
à venir. Pour le plus grand bien de l’humanité,
la Fesse était née.
Maintenant, au-delà des belles visions et
des fesses tâtées, je voudrais vous faire part de mon émotion sincère de me
savoir accueilli par vous.
On pense que les rires et leurs éclats, les
paillardises et leur exubérance sont l’apanage d’une jeunesse insouciante et
doivent avec le temps se ranger
dans les dérives peu raisonnables. Et bien NON, tant que des gens sérieux
trouveront utile, sinon nécessaire de redonner une place indispensable au
rire et à la fraternité gémellaire et fessetueuse des éants de tous
horizons. Alors la boite de Pandore restera ouverte et l’espérance renaîtra
en bousculant l’uniformité. Une fesse qui frémit, sous un voile léger, c’est
un message d’espoir. Et comme le disait symboliquement un astronaute : «
J’ai fait un grand pas sur la lune, c’est un grand pas pour l’humanité ».